Lucius Munatius Plancus le fondateur de Lugdunum (Lyon)

 

Honneur au fondateur de Lugdunum

La Ville de Lyon vient de décider de donner le nom de Lucius Munatius Plancus à la voie piétonne reliant le parc de la Visitation au site des théâtres antiques de Fourvière. Elle a aussi fait déplacer, pour l’installer à l’intérieur de ce parc, le petit monument érigé en 1958, lors des festivités commémorant le bi-millénaire de la fondation de Lugdunum.
Ce monument se présentait sous la forme d’une stèle portant un médaillon et une inscription. Il était placé dans une sorte de « splendide isolement », au pied d’un mur pignon d’un immeuble du bas de la rue Cléberg. Ce manque de visibilité, aggravé plus tard par la disparition du médaillon (heureusement remis en place récemment) avait conduit deux associations (Renaissance du Vieux-Lyon et le CIL Saint-Just-Saint-Irénée-Fourvière) à demander aux édiles que la Ville de Lyon accordât plus d’importance à celui qui l’avait fait naître, en 43 av. J.-C. Ce vœu est accompli, et Lucius Munatius Plancus se voit enfin honoré à la hauteur de ses mérites.

 

Mais qui était Lucius Munatius Plancus ?

Pour mieux connaître le fondateur de Lugdunum, il nous suffit aujourd’hui de recourir au Dictionnaire historique de Lyon (éditions Stéphane Bachès, 2009). C’est Patrice Béghain, ancien directeur régional des Affaires culturelles, ancien adjoint de la Ville pour la Culture et le Patrimoine, qui a rédigé la notice concernant ce Romain, né entre 90 et 85 av. J.-C. à Tibur (aujourd’hui Tivoli) et décédé avant 15 av. J.-C. à Gaète, entre Rome et Naples, où un imposant mausolée dédié à sa mémoire s’élève au bord de la mer Tyrrhénienne.

Patrice Béghain nous apprend que le garçon, « d’origine plébéienne, a bénéficié de l’enseignement de Cicéron, ami de son père, avec lequel il continuera à être en relations », mais qu’il « choisi la carrière militaire, aux côtés de César », qu’il accompagne en Gaule et dont il sera l’un des fidèles, recevant notamment la mission de gouverner la Gaule chevelue. Après l’assassinat de son protecteur, Munatius Plancus va devoir se situer par rapport aux troubles nés de la succession de César et, plus particulièrement, au conflit entre Marc-Antoine et le Sénat :

« Au milieu de multiples volte-face et trahisons, il décide de prendre en charge des colons militaires chassés de Vienne (Isère) par les Allobroges et, soucieux de son côté de fixer en Gaule les vétérans restés fidèles à César, il les installe au plateau de la Sarra, sur la hauteur de Fourvière, à proximité du confluent de la Saône et du Rhône, sur le territoire des Ségusiaves. (…) L’emplacement présente des qualités géographiques et stratégiques exceptionnelles que Plancus a déjà pu apprécier, en raison de la convergence des voies fluviales et terrestres largement ouvertes sur la Gaule. (…) Une fois qu’avec l’aide de Cicéron, il a obtenu un décret du Sénat conforme à ses vœux, qui fait de la future colonie une colonie de pleine citoyenneté romaine, il peut, après les premiers travaux, procéder à la cérémonie rituelle de fondation. (…) [Il] donne à la cité nouvelle, alors une ville de terre et de bois, son nom : Colonia Copia Felix Munatia. Ensuite, il rentre à Rome pour exercer la charge de consul pour laquelle il a été désigné deux ans plus tôt. D’abord partisan d’Antoine, il se rallie à Octave ; c’est lui qui, en 27, propose au Sénat que lui soit attribué le nom d’Auguste ; il en est récompensé par de nombreuses marques d’honneur. »
Il aurait donc été dommage que Lyon en restât à une marque d’honneur d’une visibilité plutôt médiocre vis-à-vis de son fondateur.

Même si les recherches archéologiques récentes (fin du XXe, début du XXIe siècle) ont révélé l’existence, dans la plaine de Vaise notamment, d’un peuplement celte nettement antérieur à celui de la colonie militaire installée par Lucius Munatius Plancus après les incidents de Vienne, c’est tout de même cette fondation qui marque véritablement le début du développement remarquable de notre ville, devenue en peu de temps capitale des Trois Gaules, aimée et visitée par Auguste, et vouée par la suite, malgré les aléas de l’histoire, à jouer à plusieurs reprises un rôle important, voire majeur, au cours des siècles et jusqu’à aujourd’hui, où son rayonnement se poursuit et se diversifie.

 

Mausolée de Gaète :

 

Munatius Plancus est un des personnages romains dont le tombeau a subsisté et est identifiable, bien que son corps ait depuis longtemps disparu. Le mausolée de Munatius Plancus, un tombeau fait d’un cylindre massif de nos jours bien reconstitué (et attribué à tort à la Vierge Marie vers la fin du xixe siècle), est situé à Gaète en Italie, sur une colline surplombant la mer et assurant son exposition. Il est similaire au mausolée d’Auguste et résume sa carrière et ses prétentions : la décoration est un mélange d’influences étrusque et hellénistique de Milet ou de Pergame et le thème principal renvoie à l’idée du triomphe.

Ce tombeau porte l’inscription suivante qui résume sa vie  :

l . mvnativs . l . f . l . n . l . pron
plancvs . cos . cens . imp . iter . vii . vir
epvlon . trivmp . ex . rætis . ædem . satvrni
fecit . de manibis . agros . divisit . in . italia
beneventi . in gallia . colonias . dedvxit
lvgvdvnvm . et . ravricam

ce qui se traduit par :

« Lucius Munatius, fils de Lucius, petit-fils de Lucius, arrière-petit-fils de Lucius, Plancus,
consul, censeur, imperator pour la deuxième fois,
septemvir du collège des Épulons, ayant obtenu le triomphe sur les Rhètes,
réalisa le temple de Saturne à partir des prises de guerre,
répartit des terres en Italie à Beneventum, fonda en Gaule les colonies de Lugudunum et Raurica ».

 

 

Le mausolée de Lucius Munatius Plancus n’est pas sensé rappelé les mausolées cylindriques des Rois maures et numides,  à la différence qu’on ne retrouve pas chez Plancus la forme pyramidale au sommet, cependant il existe des maquettes représentant le mausolée italien avec une forme similaire à celle des Libyens avec la statue du personnage illustre enterré dans les lieux.  Il s’agirait d’une influence commune entre les deux rives de la Méditerranée qui reste à être étudié pour de plus ample information.

En ce qui concerne les inscriptions du tombeau on ne sera pas étonné qu’il est construit un temple dédié à Saturne avec des prises de guerre, mais de l’importance que ce Dieu tiens dans son coeur.

 

Le type racial méditerranéen berberoïde :

 

 

L’autre problème de taille d’un point de vu anthropologique et historique c’est de connaître l’apparence de Lucius Munatius Plancus, puisque ce dernier est représenté par une statue supposée de lui ayant des traits plus tôt caucasien qu’autre chose et en face une représentation du 16eme siècle qui le montre barbu, aux allures berberoïdes (méditerranéennes). Ce n’est ni tant la barbe, ni la forme crânienne, ni la couleur de peau mat qui retiendra notre attention, mais bien sa chevelure bouclée, typique des peuples de la Méditerranée des deux rives, alors que la présumé statue dont on ignore si il s’agit bien de lui comporte une chevelure lisse. Ensuite il faudra observer les visages des pièces de monnaie frappé par son père Lucius Plautius Plancus où on remarquera des cheveux qui ondulent et qui bouclent, peut être dans un effet de style en référence à Méduse de Sicile dans la mythologie, néanmoins la question se pose et l’inexactitude des historiens barbares (moderne) laisse a penser qu’il y a eu une volonté de barbariser l’identité du fondateur du Lyon antique afin d’imposer l’idée d’un père fondateur belle et bien gaulois et bien sur caucasien.

 


Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucius_Munatius_Plancus

https://la.wikipedia.org/wiki/Lucius_Plautius_Plancus

PERSONNAGE/Lucius Munatius Plancus

 

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