Nom scientifique : Quercus coccifera.

L’aire botanique du chêne kermès est essentiellement méditerranéenne. On le trouve dans le Midi de la France où il colonise les basses montagnes et les pentes rocailleuses du littoral. Il forme l’élément principal des garrigues en Algérie et en Tritonie (Tunisie). Mais il est rarement représenté au Maroc où il est strictement localisé dans le Rif, surtout sur le versant méditerranéen entre Tingis et Saïdia. 

Cette espèce est originaire du bassin méditerranéen : Libye (Afrique du Nord), Europe méridionale, Phénicie (Proche-Orient).

En France, on le trouve dans la région méditerranéenne, jusqu’à la Drôme vers le nord et l’Aveyron vers l’ouest. Il est très présent dans les Calanques de Marseille et dans les massifs des Bouches du Rhône comme celui de la Sainte Victoire.

C’est une espèce de pleine lumière, très adaptée à la sécheresse. C’est l’espèce type qui caractérise la garrigue. Elle est moins rustique que le chêne vert et ne pousse pas en altitude. Elle forme des fourrés impénétrables, délaissés par les animaux à cause des feuilles épineuses, qui favorisent la propagation des incendies. Toutefois, le chêne kermès résiste bien par sa souche drageonnante qui lui permet de repousser vigoureusement après un incendie.

Le chêne kermès tire son nom de la cochenille qui le parasite, Kermes vermilio (de l’arabe qirmiz (قرمز), du persan qirmiz (قرمز) : sanglant ; rouge ; cochenille).

Dans le bassin méditerranéen on le trouve jusqu’en Asie Mineure et en Crimée.

Cette espèce affecte souvent la forme buissonnante, mais il peut former de petits arbres de 6 à 7 mètres de hauteur en bons sols. C’est une essence de plaine et de plateaux, ne dépassant jamais 1.000 m d’altitude.

De tempérament robuste, il est souple du point de vue climatique puisqu’il peut se contenter de 400-450 mm dans l’intérieur, et on le trouve bien dans les zones du littoral recevant entre 450 et 1.000 mm de pluie. Il est indifférent à la nature du sol et végète bien sur les terrains aussi bien siliceux que calcaires. Il a aussi une remarquable faculté de drageonner.

Son rôle est de garnir les sols les plus déshérités et de fournir par sa racine une écorce très riche en tanin. Son bois très dur et solide donne un bon bois de chauffage. 

L’écorce du chêne kermès est riche en tannins, surtout sur les racines, substances utilisées depuis le Moyen Âge pour le tannage des cuirs.

Une cochenille, Kermes vermilio (Hémiptère), parasite cet arbre. On récoltait autrefois les femelles pour en tirer, après séchage et broyage, une teinture rouge écarlate. La ville de Montpellier était célèbre au Moyen Âge pour les tissus écarlates luxueux qu’elle fabriquait à partir de la cochenille. Aujourd’hui cette cochenille n’est quasiment plus utilisée en teinture, au profit de la cochenille mexicaine (Dactylopius coccus). La cochenille a beaucoup souffert des produits pour traiter les vignes. Aujourd’hui, on peut encore en trouver sur les kermès loin des cultures.

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