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Jan 23 2016

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Naxos l’île de Dionysos

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Naxos (en grec ancien et moderne Νάξος / Náxos) est une île grecque de la mer Égée appartenant aux Cyclades. C’est la plus grande et la plus haute île de l’archipel. Elle est située pratiquement au cœur de l’Égée, à approximativement 140 km de la Grèce continentale et de la Turquie continentale. La plus grande ville et port principal est Náxos, aussi appelée Chóra (6 500 habitants).

Naxos doit une partie de sa célébrité à la mythologie, Thésée y abandonna Ariane, qui fut recueillie par Dionysos, Divinité tutélaire de l’île. Naxos se serait d’abord appelé Dionysie, soit parce que Bacchus y reçut l’hospitalité, soit parce qu’elle est plus fertile en vignes que les autres îles. La cité naxienne (adjectif associé au nom Naxos dans l’Antiquité) fut puissante à l’époque archaïque et prospère durant l’Empire byzantin. Elle fut le centre du duché de Naxos, le dernier État latin à résister à l’avancée ottomane.

Naxos fut très tôt occupée. Au centre de l’Égée, elle profita de sa position, sur le plan commercial et naval, ce qui lui amena des périodes d’apogée (civilisation cycladique, période archaïque, Empire byzantin, Duché de Naxos) mais aussi de domination extérieure (période mycénienne, Ligue de Délos, Duché de Naxos).

L’île est riche : marbre et émeri sont exportés tandis que son agriculture produit la célèbre pomme de terre de Naxos, mais aussi des fromages, du miel et le Kitro, une liqueur de cédrat. Le tourisme ne représente que la moitié du revenu naxiote (adjectif associé au nom Naxos dans les périodes plus récentes).

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L’île fut longtemps couverte de forêts, au moins jusqu’au Moyen Âge. Aujourd’hui, Naxos est complètement déboisée et recouverte du maquis méditerranéen typique avec des genêts, des yeuses et des pistachiers térébinthes. De nombreuses plantes à fleur sont visibles sur l’île, au printemps : anémones, lupins grecs (Lupinus graecus), cyclamens, giroflées des dunes, camomilles, colchiques, Crocus laevigatus et tournefortii, une quinzaine d’espèces d’orchidées et des coquelicots. Certaines sont endémiques à Naxos, sur le mont Zas : le vélar de Naxos et la consoude de Naxos (Symphytum naxicola) ou aux Cyclades : le céraiste de Runemark, des aspérules, des campanules et des perce-neige. La zone littorale dispose de sa flore particulière : lis maritime, violette de mer, glaucienne jaune, panicaut maritime ou criste marine.

Tant que l’île était couverte de forêts, elle disposait d’une abondante faune sauvage. Les voyageurs, à l’époque du duché de Naxos, évoquaient encore les cerfs, les chacals et les innombrables perdrix. Aujourd’hui, la faune sauvage est menacée d’extinction. Ses principaux représentants restent les rapaces : faucon pèlerin, aigle de Bonelli, buse féroce et faucon d’Éléonore.

Le massif oriental de l’île, le mont Zas, le Mavrovouni et le sud inhabité de Naxos sont classés zone d’importance communautaire du projet Natura 2000 de l’Union européenne. La Grèce a classé la même région « zone ornithologique importante ».

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Naxos possède 8 500 résidences, dont 4 115 résidences individuelles. Seules 3 665 de ces 8 500 résidences sont occupées toute l’année. Les autres sont des résidences secondaires ou touristiques et ne sont occupées qu’occasionnellement. Il y a aussi près de 800 logements vides. Un peu plus de 1 000 résidences privées, soit la grande majorité, n’hébergent que deux personnes ; les catégories de logements privés abritant une, trois ou quatre personnes représentent chacune autour de 700 logements. Il n’y en a que 300 hébergeant cinq personnes et 175 abritant plus de six personnes.

Les premiers occupants, colons, de l’île auraient été des Thraces qui en seraient partis avant l’arrivée du héros éponyme Naxos. Du temps des Thraces, l’île était appelée Strongylé, « la ronde ».

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Naxos aurait été le héros qui aurait rebaptisé l’île, alors appelée Dia, en lui donnant son nom. Diverses légendes sont proposées quant à l’origine de ce héros éponyme. Il serait carien, fils de Polémon, et serait arrivé, deux générations avant Thésée, à la tête d’une colonie de ses compatriotes. Cette légende expliquerait une partie du peuplement de l’île, originaire d’Asie mineure. Une deuxième légende fait de Naxos le fils d’Endymion et de Séléné, ce qui fait le lien avec la Grèce continentale, mais aussi la Carie. Enfin, une troisième légende, liée à la version crétoise, fait de Naxos le fils d’Apollon et d’Acacallis.

De nombreuses légendes ont pour décor Naxos. Cédalion, qui apprit l’art de travailler les métaux à Héphaïstos, habitait alors sur Naxos. Ce fut près de l’île que Poséidon aurait aperçu Amphitrite pour la première fois et l’aurait poursuivi jusqu’au pays d’Atlas en Hespérie où elle trouva refuge chez le Titan, on dit aussi que c’est près de Naxos que serait situé le palais sous-marin de Nérée.

Pancratis était la demi-sœur des Aloades, Otos et Éphialtes qui étaient fils de Poséidon. Alors qu’elle célébrait le culte de Dionysos sur le mont Drios en Achaïe, elle fut enlevée, avec sa mère Iphimédie, par les Thraces de Naxos. Elle revint au roi de l’île Agassaménos. Ses demi-frères organisèrent une expédition punitive, mais elle mourut avant d’être délivrée. Les Aloades chassèrent les Thraces et régnèrent ensuite sur l’île. Les deux frères avaient par ailleurs fini par lasser les Dieux qui décidèrent de les punir. Une des versions de leur mort se situe sur Naxos : Artémis ou Apollon se serait transformé en biche et les deux géants se seraient entre-tués lors de la chasse.

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Dionysos sur un bateau entouré de dauphins.

 

Les disputes entre Dieux pour obtenir le privilège de devenir la Divinité tutélaire des cités sont nombreuses. La plus célèbre est celle opposant Poséidon et Athéna pour Athènes. Le dieu de la mer fut aussi défait à Naxos où Dionysos fut préféré.

Lorsque Dionysos désira se rendre sur Naxos, il engagea des pirates tyrrhéniens qui tentèrent de passer en Asie pour vendre leur passager. Le Dieu transforma alors leurs avirons en serpents et remplit le navire de lierre tout en faisant résonner des flûtes invisibles. Il paralysa enfin le navire dans des pampres de vigne. Les pirates, devenus fous, se jetèrent à la mer où ils devinrent des dauphins. Ce prodige démontra que Dionysos était un véritable Dieu et lui permit de monter à l’Olympe. Peu de temps après, il y emporta Ariane, que Thésée avait abandonnée à Naxos. Il faut savoir que Dionysos fut l’archétype de ce qui sera repris pour décrire les prophètes bibliques, son histoire est semblable à celle de Jésus qui ne serait qu’une reprise du mythe dionysiaque, d’être humain devenu Divinité.

Boutès, un fils de Borée (mais pas d’Orithye) aurait dû fuir sur l’île après avoir cherché à tuer un de ses demi-frères, Lycurgue (pas non plus fils d’Orithye). De Naxos, il se serait livré à la piraterie et au brigandage. Il aurait attaqué la Phthiotide où il aurait enlevé des femmes, dont des adoratrices de Dionysos, dont Coronis, la propre nourrice du Dieu. Cette légende, comme celle de Pancratis, pourrait faire référence à l’introduction du culte de Dionysos, l’un des principaux à Naxos.

Naxos, roi de l’île, aurait eu un fils, Leucippos, qui régna à son tour et aurait été le père de Smerdios. Sous le règne de ce dernier, Thésée aurait abandonné Ariane, fille de Minos sur l’ordre de Dionysos qui l’aurait recueillie dès le lendemain. Œnopion (le « Buveur de vin ») était fils de Dionysos et d’Ariane. Roi de Chios, il y aurait introduit le vin rouge lorsqu’il y arriva en provenance de Naxos.

Préhistoire :

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Naxos fut habitée dès le quatrième millénaire avant notre ère. Les premières traces d’occupation ont été découvertes dans la « grotte de Zeus », sur le mont Zas. Sa population, nombreuse, était répartie dans de petits habitats, sur les versants oriental et méridional, abrupts et moins fertiles, mais mieux défendables, de l’île, en contact avec l’archipel des petites Cyclades, comme à Panormos. Un des habitats les mieux connus était celui de Grotta, à côté de Náxos. Il a donné son nom à l’une des périodes de la civilisation cycladique, le Cycladique Ancien I (3200-2800) dite « Grotta-Pélos ». Il était de type proto-urbain avec des maisons carrées soigneusement construites. Une céramique très riche y a été découverte. De nombreuses nécropoles ont aussi été fouillées sur l’ensemble de l’île, livrant des vases en marbre et des poteries, des objets en métal et des « idoles cycladiques ».

Au cours du deuxième millénaire avant notre ère, Naxos passa sous la domination minoenne puis, après 1400 avant notre ère, sous la domination mycénienne. La population se déplaça vers le nord-ouest, vers la Grèce continentale, dans la direction du pouvoir. Grotta devint alors une vaste cité et les cimetières d’Aplomata et Kamini furent utilisés tout au long de la période. L’île, au croisement des routes commerciales de l’Égée, était prospère grâce à son marbre et à son émeri.

Période archaïque :

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Selon Hérodote (Enquêtes, V, 28), Naxos surpassait alors « toutes les autres îles en prospérité ».

Aux viiie et viie siècles av. J.-C., Naxos était une société oligarchique gouvernée par les riches familles des « Gras » qui résidaient sur la colline de Náxos et dans les villages au centre de l’île. L’île étendit sa puissance sur sa voisine Amorgos où elle contrôlait les cités d’Arkesini et Aighiali. Elle participa au mouvement de colonisation, vers le milieu du viiie siècle, en prêtant des navires à Chalcis, qui envoyait des colons en Sicile. Le nom de Giardini-Naxos en porte encore le souvenir.

Naxos était alors en guerres continuelles avec Milet et sa voisine Paros. Très prospère, l’île devait sa puissance économique à son marbre (d’où la concurrence avec Paros) et à son émeri. Elle exprima sa puissance par une « politique d’Apollon », centrée sur Délos, où elle construisit de nombreux bâtiments et où elle offrit la célèbre terrasse des lions. Elle se montra aussi à Delphes avec le sphinx des Naxiens. Elle installa le culte d’Apollon sur Amorgos et dans le sanctuaire béotien de Ptoïon. Ce Dieu fut aussi associé alors au culte de Démeter sur le site naxiote de Gyroulas, près de Sangrí. Et au même moment, la construction d’un grand temple dédié à Apollon commença sur l’îlot de Palatia, dans le port de l’actuelle Chóra. Seule la grande porte monumentale subsiste de nos jours : elle constitue le principal symbole de Naxos.

Il semblerait que l’île ait aussi joué un rôle important dans l’architecture des temples antiques et dans le passage de constructions en granit à des constructions en marbre. Les deux architectes, sculpteurs et maçons naxiotes, Byzès et son fils Evergos, sont traditionnellement considérés comme les premiers à avoir réalisé des tuiles en marbre. Le temple de Dionysos à Iria, fouillé depuis 1986, est une étape importante du passage du granit au marbre pour la construction des temples.

Vers 540 avant notre ère, des désordres politiques amenèrent à une révolte populaire contre les « Gras ». Un noble, Lygdamis en profita pour créer une tyrannie avec l’aide du tyran d’Athènes Pisistrate. Il fut chassé du pouvoir, vers 524 avant notre ère, par les Lacédémoniens, qui instaurèrent une oligarchie.

Période classique :

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L’oligarchie sous protectorat spartiate dura peu et ce fut une république qui repoussa le siège de quatre mois mené par des « Gras » exilés, le tyran de Milet, Aristagoras, et la flotte perse en 506 avant notre ère.

En 490 avant notre ère, pendant la première guerre médique, les Perses, menés par le général Datis, s’emparèrent de l’île. La majeure partie des Naxiens s’enfuirent dans la montagne. Ceux qui n’avaient pas pu fuir furent réduits en esclavage. La ville et les temples furent incendiés. L’île entra dans l’orbite perse. Les Naxiens firent cependant défection et participèrent à la bataille de Salamine en apportant quatre trières aux Grecs. Des Naxiens furent ensuite présents à la bataille de Platées. Le nom de la cité est sur le trépied offert à Delphes.

Après la victoire, l’île fit partie de la ligue de Délos. Très vite, elle s’insurgea contre l’impérialisme athénien : en 468 avant notre ère, Naxos fit défection avec sa flotte. Elle fut alors assiégée et asservie par Athènes, « contrairement à la règle ». Les Athéniens envoyèrent par la suite des clérouques (colons) dans l’île, 500 par exemple après l’exil de Thucydide, l’adversaire de Périclès, en 443 avant notre ère.

Naxos appartint à la Ligue des Nésiotes puis passa sous domination des Ptolémées, puis des Macédoniens, puis de Rhodes, avant d’entrer dans l’orbite de Rome. En 41 avant notre ère, l’île fut intégrée dans la province romaine des îles dont la capitale était Rhodes.

Période byzantine :

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La tradition locale veut que l’île ait été évangélisée depuis Patmos par des disciples de Saint Jean l’Évangéliste, des proches de Polycarpe de Smyrne. Les premiers évêques avérés de l’île furent Auxentius, qui fut présent au Concile de Sardica, en 347, et Varachos, présent au Concile de Chalcédoine, en 451.

Vers le milieu du vie siècle, en raison des raids arabes, le centre de gravité de l’île quitta les bords de mer pour le plateau de Traghéa et les abords de la forteresse d’Apalyrou. Il y resta jusqu’au xiiie siècle. Les églises se multiplièrent et la vallée de Sangrí est considérée comme un petit Mistra.

Au ixe siècle, alors qu’ils occupaient la Crète, les Arabes avaient aussi soumis Naxos qui devait payer un tribut. L’île leur servait même de relais et de lieu de ravitaillement lors de leurs raids à travers l’Égée. La reconquête de la Crète par Nicéphore Phocas amena un siècle et demi de paix et de prospérité dans l’Égée. Naxos connut alors son apogée à l’époque byzantine : restructuration de la basilique paléochrétienne de Protothronos et construction de la cathédrale d’Aghios Mamas par exemple.

Naxos fut un évêché suffragant de Rhodes jusqu’en 1083, date à laquelle l’empereur Alexis Comnène l’associa avec sa voisine Paros, pour former l’archevêché de Paronaxia.

Duché de Naxos :

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En 1204, la quatrième croisade s’empara de Constantinople, et les vainqueurs se partagèrent l’Empire byzantin. Les Vénitiens obtinrent, entre autres, les Cyclades. Ne pouvant faire face aux dépenses d’une nouvelle expédition, ils laissèrent la gestion des îles à qui serait capable de s’en emparer pour eux. Marco Sanudo, neveu du Doge Enrico Dandolo, conquit sans coup férir Naxos, en 1205. Contrôlant les autres îles, il fonda le duché de Naxos. Les Ducs de Naxos, vassaux de l’empereur latin de Constantinople après 1210, imposèrent le système féodal occidental. Les habitants redescendirent vers les côtes dans des habitats fortifiés par les seigneurs « francs » (comme on appelait tout ce qui venait d’Occident à l’époque). Marco Sanudo changea ainsi le visage de Naxos. Il fit construire une nouvelle capitale, autour d’une forteresse, le kastro, au bord de la mer, sur le site de la ville antique abandonnée, sur l’ancienne acropole antique. Elle englobait dans un mur d’enceinte complété de tours le palais ducal, les résidences des familles latines et la cathédrale catholique. Les Grecs s’installèrent entre le kastro et le port, dans les faubourgs de Bourgou et Néochorio.

La coutume de la Principauté de Morée, les Assises de Romanie, devint la base de la législation sur l’île. En effet, à partir de 1248, le duc de Naxos devint le vassal de Guillaume II de Villehardouin. Les « nobles francs » reproduisirent la vie seigneuriale qu’ils avaient laissée derrière eux : ils se construisirent des « châteaux », les célèbres « tours vénitiennes » où ils entretinrent une cour. Le système féodal « franc » se surimposa au système administratif byzantin, conservé par les nouveaux seigneurs : les taxes et corvées féodales étaient appliquées aux divisions administratives byzantines et l’exploitation des fiefs continuait selon les techniques byzantines. La loi byzantine resta aussi en vigueur pour les mariages et les propriétés pour la population locale d’origine grecque. Il en était de même pour la religion : si la hiérarchie catholique dominait, la hiérarchie orthodoxe subsistait et, parfois, lorsque le curé catholique n’était pas disponible, la messe était célébrée par le pope orthodoxe.

Au xiiie siècle, attaqué par les Byzantins et les Ottomans, le Duché commençait à se restreindre. Niccolo III dalle Carceri, dernier duc de la famille des Sanudi, à la fin du xive siècle fut considéré comme incompétent par la République de Venise. Elle se tourna vers Francesco Crispo qui, après le meurtre du duc, s’empara du pouvoir en 1383. Il fonda ainsi une nouvelle dynastie, celle des Crispi.

Le Duché se plaça de plus en plus sous protection vénitienne. Il fut même parfois gouverné directement par la Sérénissime (1499-1500 et 1511-1517). La pression ottomane se fit de plus en plus forte dans l’archipel. En mai 1537, deux cents navires de la flotte ottomane, commandée par Khayr ad-Din Barberousse, son Capitan Pacha (amiral), assiégèrent Naxos. Barberousse proposa au duc Giovanni IV Crispo de payer un tribut et de se reconnaître vassal de l’Empire ottoman ou de voir son île ravagée. Le duc préféra accepter le marché. Il versa 5 000 ou 6 000 ducats et s’engagea à verser un tribut annuel de 5 000 ducats (la moitié du revenu annuel du duché). Tous les ans ensuite, le duc versa le tribut (haraç), plus des « cadeaux » aux Ottomans venus le réclamer ou aux capitaines qui faisaient escale dans l’île, passée donc définitivement sous suzeraineté ottomane. Finalement, Giacomo IV Crispo fut déposé en 1566 par le sultan Sélim II et remplacé par Joseph Nasi. En 1576, à la mort de ce dernier, Naxos devint directement ottomane.

Domination ottomane :

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La présence ottomane fut cependant légère, voire inexistante surtout après le xviie siècle. La peur des corsaires chrétiens qui les enlevaient et les rançonnaient poussa les Ottomans à quitter l’archipel. Un seul fonctionnaire, chargé des impôts, restait encore sur l’île. Il s’enfuit en barque à l’annonce du soulèvement de 1821. Il reste cependant des lieux portant encore des noms rappelant les Ottomans, ainsi qu’une fontaine sur la route entre Chóra et Engarés, dite « fontaine de l’Aga », et offerte par l’aga Hassan en 1579.

Les Naxiotes se soulevèrent régulièrement contre l’occupation étrangère de leur île. Cependant, ces soulèvements se firent plus contre les « Latins », descendants des conquérants catholiques vénitiens, que contre les Ottomans, comme en 1643, 1670 et 1681. Seule la révolte de 1595, un complot regroupant quinze îles, était directement dirigée contre l’Empire ottoman. Le retrait progressif de celui-ci laissa en charge les seigneurs catholiques, déjà grands propriétaires terriens du temps du duché de Naxos.

Tournefort, dans son Voyage d’un botaniste, comptait, vers 1700, une quarantaine de villages sur l’île pour 8 000 habitants.

Au xviiie siècle, les révoltes menées par la famille Politis, solidement installée dans sa tour forteresse sur le plateau de Traghéa, furent les plus importantes. Markos Politis devint le chef du « Rassemblement des Villages » et mena la vie dure aux seigneurs latins. Il participa aussi à la Révolution d’Orloff en 1770, mais il continua le combat après le départ des Russes jusqu’en 1802.

À la même époque, le diplomate français Choiseul-Gouffier fit escale sur Naxos en se rendant, en 1776, à son ambassade à Constantinople. Il décrit l’île dans son Voyage pittoresque de la Grèce (I, p. 65) comme très fertile et prospère avec des « forêts d’orangers, de figuiers et de grenadiers » ; nourrissant « une grande quantité de bestiaux et de gibier » et où « le blé, l’huile, les figues et le vin sont toujours abondants », ainsi que la soie.

Période moderne :

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Naxos prit part à la guerre d’indépendance grecque en fournissant deux navires et deux contingents pour un total de 800 hommes, commandés par un dénommé Raphtopoulos. Les soldats, tous grecs orthodoxes d’abord puis finalement rejoints par les catholiques, allèrent, entre autres, soutenir la révolte en Crète.

Au milieu du xixe siècle, malgré un port ne pouvant accueillir de gros navires, l’île exportait orge, vins, figues, coton, soie, lin, fromage, sel, bœufs, moutons, mulets, émeri et huile. Elle produisait aussi le bois et le charbon pour sa propre consommation, ainsi que du laudanum. Enfin, la pêche le long de ses côtes était très productive.

Lors de l’occupation de la Grèce par les puissances de l’Axe, Naxos fit d’abord partie de la zone italienne, jusqu’en 1943. Elle fut ensuite occupée par les troupes allemandes. Comme sur d’autres îles de l’Égée, les résistants naxiotes reçurent l’aide d’éléments du « Bataillon sacré ». Accompagné de forces commandos britanniques, ils s’attaquèrent à la garnison allemande le 24 mai 1944 et lui infligèrent de lourdes pertes. L’attaque fut renouvelée le 15 octobre 1944. Elle réussit à libérer l’île de son occupation nazie et fit même soixante-neuf prisonniers.

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