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Juil 28 2015

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L’antiquité au Maroc

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L’époque préromaine :

 

Au cours des siècles entre la protohistoire et l’époque romaine, on assiste au Maroc à une alternance de Phéniciens, Carthaginois et Maures. Si les formes de contact entre les deux rives du détroit avaient affectées depuis la préhistoire la péninsule Tingitane , à partir du début du premier millénaire av. J.- C les relations entre cette région (comme d’autres parties du Maroc) et l’élément extérieur de la Méditerranée orientale, les Phéniciens, s’intensifient.

Au cours de l’âge phénicien, la côte atlantique de la péninsule Tingitane , ainsi que celle de la Méditerranée, semblait être très intéressante pour le commerce et l’exploitation des ressources locales, en étroite relation avec la dynamique économique se développant sur l’autre côté du détroit de Gibraltar.

La contribution des Phéniciens enrichit la culture locale et on commence ainsi à élaborer la géographie des sites permanentes de différentes dimensions et vocations commerciales (comme Lixus et Mogador).

Autour au 6ème siècle av. J.-C., Carthage prend le contrôle de la Méditerranée occidentale et son influence s’étend par conséquence vers la péninsule Tingitane .

Si la diffusion de la culture punique est indiquée par la céramique et l’artisanat artistique, la présence politique sur le territoire de Carthage n’est pas si bien définie par rapport à la création du royaume mauritanien, qui selon les historiens antiques, semble ressortir vers le 4ème siècle av. J.-C dans l’histoire de la Méditerranée.

L’élément mauritanien, reconnaissable politiquement, préserve le patrimoine culturel de Carthage, sauf lors de la révolte libyenne contre Carthage où l’alliance avec Rome va mener à la destruction de cette cité-état hégémonique et devenu trop dangereuse pour la civilisation libyenne et précisément pour les Maures et les Numides.

Les affaires du royaume des Maures commencent réellement à émerger vers la fin du 2ème siècle Av. J.-C. quand Rome révèle un intérêt progressif vers cette partie de l’Afrique, vont ainsi se créer de véritables échanges commerciales vers l’empire via la Maurétanie et ainsi l’ouverture de commerce jusque là inexploré.

Les Rois Maures (fin 3ème siècle av. J.-C -40 ap. J.-C.) donnent une impulsion forte au développement urbain, qui culmine dans le règne de Juba II (25 av. J.-C-23 ap. J.-C.).

 

La période phénicienne :

 

Céramique d’époque phénicienne

Céramique d’époque phénicienne

 

La colonisation des Phéniciens de Tyr et Sidon (dans l’actuel Liban), déterminée par la pression des Assyriens, et donc par la nécessité de trouver d’autres marchés dans de nouveaux territoires, a donné naissance à une intense activité commerciale dans la Méditerranée centre-occidentale, essentiellement liée à la recherche des métaux (étain, argent, or, fer) et de la pourpre.

Du Levant méditerranéen, les navigateurs phéniciens se sont dirigés le long des rives du Maghreb et du sud de la péninsule ibérique jusqu’au détroit de Gibraltar (les légendaires Colonnes d’Hercule), qui ont passé pour étendre leur commerce vers les côtes de l’Atlantique de l’Europe et de l’Afrique. L’expansion phénicienne a été atteinte par l’établissement de colonies mercantiles, mais aussi par l’agriculture et la mise en place de lieux d’échange (comptoirs) de nature exclusivement commerciale au départ. La création de ces centres importants marque le développement de centres habités urbains et encouragent d’autres formes d’occupation, même dans l’arrière-pays qui mèneront à la colonisation phénicienne et donc à leur hégémonie impérial. Cela aura pour conséquence de modifier les codes, les rites, les croyances et la langue des Libyens locaux avec plus ou moins d’intensité selon la proximité avec les villes phéniciennes.

La colonisation phénicienne est donc réparties sur les deux côtes du Détroit sur les deux fronts: les deux se prêtaient à l’exploitation et la commercialisation des ressources naturelles : dans le processus de colonisation du sud de la péninsule ibérique Gadir (Cadix) a joué un important rôle économique et culturel.

Les sites phéniciens de la péninsule Tingitane (tels que ceux identifiés dans d’autres régions du Maroc) appartiennent à la sphère culturelle de l’Extrême-Occident (ce qu’on appelle le Cercle du détroit), caractérisée par des produits céramiques autres que ceux de la Méditerranée centrale, étroitement liés à Carthage.

Ces colonies ont été établies dans des zones traditionnellement favorisées par les Phéniciens: la côte et (Ceuta, Tingé) ou l’embouchure d’un fleuve (Lixus sur le Loukkos) traversant une vallée pour l’exploitation agricole est une voie de pénétration vers l’intérieur, ou même une petite île (Mogador, en face de Essaouira, dans le sud du Maroc).

La présence de restes phéniciens, mais aussi puniques au Maroc est principalement connue à partir de sources archéologiques, mais il y a aussi certaines références aux auteurs anciens. Le géographe grec Strabon (fin 1er siècle av. J.-C.) rapporte que dans l’Extrême-Occident, le long de la côte qui, de la Méditerranée, porte à l’Atlantique, trois-cents colonies phéniciennes avaient été fondées: ce chiffre est sans doute exagérée, mais elle reflète l’importance des navigateurs du Levant.

Pline l’Ancien (1er siècle ap- J.-C.) nous donne une autre tradition littéraire selon laquelle les Phéniciens ont débarqués sur la côte du Maroc et puis sur la péninsule Tingitane , à partir du 13ème siècle Av. J.-C.

Cependant, les traces archéologiques de l’occupation la plus ancienne par les Phéniciens ne remontent pas au delà du 8ème siècle av. J.-C., quand, sur la côte atlantique de la péninsule Tingitane , Lixus, la plus ancienne colonie dans l’Extrême-Occident est fondée ; pour les deux siècles suivants, ce qui semble correspondre à la période phénicienne de plus grande expansion, deux centres situés au sud de Lixus sont assez bien connues de: Chella (sur la rive droite de l’Oued Bou Regreg) et Mogador (à partir de laquelle les plus anciens témoignages connues à ce jour au Maroc proviennent -la langue phénicienne – graffitis sur les vases – et la fabrication du fer). Cependant les chercheurs vont peut être un peu vite en besogne, car Lixus reste tout de même l’ancienne ville du Dieu Antée (fils de Gaïa et de Poséidon), il est évident que les Phéniciens sont tombé sur cette ville mythique et l’ont prise pour y établir leur impérialisme.

Les recherches archéologiques de ces dernières années nous ont permis de mieux comprendre la répartition géographique, le type et la date des colonies phéniciennes, sur la côte Atlantique et sur la Méditerranée. Malheureusement elles ne sont pas objectives, il y a ici une véritable conscience politique occulte qui vise à détruire l’identité antique maure et établir comme vérité l’origine du peuple Marocain comme étant rien de plus qu’une réminiscence de l’occupation phénicienne, d’ailleurs à ce jour les livres d’histoire ne font débuter l’histoire du Maroc qu’avec l’arrivé des Phéniciens.

La côte atlantique est caractérisée par des conditions environnementales favorables (telles que les embouchures de plusieurs cours d’eau) à la création de villages et de témoignages archéologiques (céramique) semblant expliquer de quelle façon la fréquentation phénicienne a généralement suivi celle punique.

La côte méditerranéenne de la péninsule Tingitane était très intéressante pour les Phéniciens: à part les colonies de Rhysaddir / Melilla (remontant au 8ème siècle v. J.-C.), Sidi Driss (7ème – 6ème siècle av. J.-C.), à l’embouchure de l’Oued Amekrane et de petites colonies près de l’estuaire de l’Oued Moulouya, la fréquentation de la ville en époque phénicienne est représentée par le centre habité archaïque (8ème – 6ème siècle av. J.-C.) de Ceuta et des témoignages dans la vallée de l’Oued Martil, pour l’évidente importance fleuve en tant que accès vers le commerce avec les populations de l’arrière-pays. A part les traces de Sidi Abdeslam del Behar (6ème siècle av. J.-C.) près de l’embouchure du Martil, sur le cours moyen du fleuve, il y a le village punique de Quitzán, dont le début peut remonter à l’âge phénicienne (7ème – 6ème siècle av. J.-C.).

La péninsule Tingitane participe activement au commerce international au sein du Cercle du Détroit, mais elle entretient également des relations avec les centres de la Méditerranée orientale.

Les activités maritimes des Phéniciens concernent également la pêche et l’industrie de la pourpre.

L’influence phénicienne est détectable dans les différents domaines de la vie quotidienne comme la langue, la religion, la céramique, et en particulier dans l’artisanat artistique, appréciable grâce aux trousseaux funéraires.

Quant aux nécropoles, elles se trouvent dans des endroits différents par rapport à leurs colonies, dont elles sont souvent le seul indicateur.

 

La nécropole de Raqqada :

 

La nécropole de Raqqada a été identifié en 1999, sur la droite de l’Oued Loukkos , environ deux km au N-O de Lixus. Il se compose de trois complexes funéraires comprenant trois sépultures à inhumation. Cette nécropole a été probablement appartenue à la ville de Lixus, remontant entre la seconde moitié du 6ème et 5ème siècle av. J.-C., est pour l’instant la plus ancienne dans la région.

Les bijoux en or, argent et bronze typiques de la tradition culturelle phénicienne à laquelle la ville de Lixus était liée faisaient partie des trousseaux funéraires. En particulier, on distingue pour rareté et valeur, deux colliers et six boucles paniers en or, trouvés dans la même tombe, sur la tête : le type est bien attesté au Maroc, mais le fait ces bijoux ont été faites en or est exceptionnel. Les deux ont un pendentif se composant d’un médaillon rappelant les ornements de Carthage et de zones fréquentées par les puniques (Sardaigne, Cadiz). Le premier, avec une plaque circulaire décorée au milieu avec trente perles disposées en cercle, se compose de trente-cinq éléments (vagues) biconiques striés en or, douze en cornaline, quatre en verre bleu et deux turquoise allongée.

La seconde série, composée de deux vagues, une turquoise de forme allongée et l’autre en pate de verre décoré avec des yeux et onze bobines cannelées en or, enrichie avec un médaillon orné d’un élément circulaire central.

Parmi les objets funéraires, il y a aussi d’autres objets précieux qui mettent en valeur la richesse de la nécropole de Raqqada: vases en bronze d’origine chypriote (coupes pour puiser l’eau et des vases avec une seule anse), absents dans d’autres zones d’influence phénicienne et punique (Afrique du Nord, la péninsule ibérique, Méditerranée centrale), qui montre les liens entre Lixus et la Méditerranée orientale.

 

Le territoire à l’âge phénicienne :

 

Les témoignages sur l’occupation du territoire au cours de la période phénicienne sont constituées par la présence de zones funéraires et de centres habités.

Les nécropoles identifiées dans la région de Tingé indiquent l’existence d’établissements peu connus remontant à l’âge punique. Par rapport aux villages, il est parfois difficile de comprendre si les colonies phéniciennes étaient permanentes ou saisonnières, ou s’agit de villages indigènes où il y avait des importations phéniciennes. Dans certains cas, comme à Lixus, on est sure d’être en présence de fondations phéniciennes fondé sur l’ancienne Lixus libyenne ; dans d’autres cas, comme à Ceuta, la présence du Levant est importante. Certaines colonies considérées comme autochtones, enfin, sont entrées en contact avec les Phéniciens comme le montrent les matériaux.

Dans la région de Atlantique de la péninsule Tingitane, un petit village sur le plateau de Azib Slaoui, 24 km de la Lixus et 5 km au N-O de Ksar el Kébir a été identifié et étudié (à la fin du siècle dernier). En plus de la fréquentation préhistorique de la période de la culture campaniforme, une deuxième phase de la vie entre la seconde moitié du 6ème et le 3ème siècle Av. J.-C a été reconnue, grâce aux céramiques engobe rouge et aux amphores (appartenant à la Méditerranée occidentale). 
En ce qui concerne la côte méditerranéenne, en plus de l’occupation archaïque de Sidi Abdeslam Behar à l’embouchure du fleuve Martil, on enregistre une fréquentation de Kach Kouchi dans la vallée de l’oued Laou. Il est difficile de savoir si ce centre, situé sur une colline dominant la plaine alluviale du fleuve, à une distance de 9 km de l’embouchure, soit une fondation phénicienne ou libyenne, il est supposé que le village était constitué de huttes avec une structure en bois et couverture en paillis; des réservoirs de stockage creusés dans la roche faisaient partie des espaces domestiques.
L’occupation du Kach Kouchi est entre le 8ème et le 6ème siècle av. J-C., une période à laquelle les importations phéniciennes remontent : céramique peinte et engobe rouge associée à de la céramique modelée, lissée et inscrite à la main. La présence de conteneurs pour le garde-manger modelés à la main est également importante.

Une autre forme d’occupation à l’époque archaïque est documentée par la réutilisation de la grotte de Caf Taht el Gahr (Tétouan), fréquentée depuis l’âge préhistorique. La présence d’objets en céramique datant du 8ème -6ème siècle av. J.-C., deux phéniciens (fragments engobés rouges) et un troisième, fait à la main, d’imitation indigènes (vase à chardon avec engobe rouge), a fait penser à une utilisation de la grotte comme un sanctuaire, où la céramique constituerait une forme d’offrande. La découverte d’un pendentif en or attribuable aux 6ème – 3ème siècle av. J.-C. suggère une participation en période encore successive de la grotte.

 

Les nécropoles de la région de Tingé entre l’âge phénicienne et punique :

 

Dans la zone de Tanger y a plusieurs nécropoles rurales datant généralement sur la base des trousseaux entre le 7ème (pour le caractère phénicien des bijoux tels que boucles d’oreilles panier) et le 5ème siècle av. J.-C. (presque exclusivement due à l’absence de céramique attique).

En plus de fournir des informations sur les coutumes et les rites funéraires, ces complexes sont très importants car ils révèlent l’existence de villages ruraux par ailleurs inconnus.

Les nécropoles de la côte atlantique connues à ce jour sont situées sur une colline donnant sur la plage (Djebila) ou sur des bas reliefs (Aïn Dalhia Kebira et Bouchet B, également à proximité) et le long du bord des lagunes (Gandori, Malabata).
Les nécropoles les plus étendues sont celles de Djebila et de Ain Dalhia Kebira. Le type le plus commun d’inhumation, est la caisse trapézoïdale ou rectangulaire surmontée d’un monticule de pierres, connue dans la région depuis l’âge du Bronze ; la fosse rectangulaire bordée de dalles en pierre de tradition phénicienne est moins fréquente, ainsi que le sarcophage monolithique qui semble être d’origine punique.

En plus de tombes individuelles, il y a aussi des caveaux de famille, utilisés exclusivement pour les inhumations d’enfants.

La pratique de poser le mort dans une position accroupie, déjà connue dans les nécropoles de l’Âge du Bronze reste et est encore la plus fréquente; l’inhumation dans la position allongée est rarement documentée dans le sarcophage, considérés plus tard.

Dans la région de Tanger, des sépultures encore plus particulières remontant à une période encore incertaine ont été identifiées. La tombe hypogéique de Mogogha es Sisra à 5 km à E de Tanger, est constituée d’une chambre funéraire précédée par une sorte d’atrium rectangulaire, les deux avec des niches et le plafond pointu double, dont la construction remonte à l’âge phénicienne (7ème – 6ème siècle av. J.-C.) et utilisée, au cours d’une longue période, comme en témoigne la découverte de matériaux datant du 2ème – 1er siècle av. J.-C. Un autre cas est celui d’une des deux tombes à chambre (d’âge phénicienne ou punique) auprès de Ras Achakar (Cap Spartel), au sud-ouest de Tingé, de base rectangulaire, construite avec des pierres bien équarries et un toit plat.

Parmi les objets des trousseaux, il y en a un retrouvé souvent dans les tombes à ciste, un vase rituel à chardon d’origine phénicienne, parfois accompagné par une coupe, au lieu de laquelle il y a des artefacts (probablement production locale) avec des anses (amphores ou cruches) ou des vases phéniciens décorés de bandes peintes en rouge. Dans la plupart des sarcophages d’une tombe construite à Ain Dalhia Kebira, le conteneur rituel est remplacé par un œuf d’autruche typiquement libyen.
D’autres éléments de tradition phénicienne et puniques sont représentés par les ornements personnels (boucles d’oreilles, bagues, broches en métal, colliers en coquilles et pâte de verre), également trouvés dans nombreuses sépultures les amulettes et les œufs d’autruche.

La présence d’outils tels que les faucilles (trois à Dalhia et trois à Aïn Djebila), est liée à l’activité agricole, dans les tombes et à l’intérieur des vases, de blé et olives carbonisés.

Les communautés de la région de Tingé utilisant les nécropoles comme sépulture, même si influencées par la culture phénicienne (pensez aux objets ornementaux personnels), semblent garder leurs traditions funéraires (comme le type et la position du défunt).

 

Tingé à l’âge phénicienne :

 

La naissance de cette ville est entourée de légendes, comme d’autres endroits de la péninsule Tingitane . La mythologie grecque attribue à Antée la fondation d’une ville dans le Détroit, à laquelle il donne le nom de son épouse, Tingis (Tingé en libyen).

Le nom de la ville est d’origine libyenne et lié aux peuples qui vivaient dans la région depuis longtemps, bien avant l’invasion phénicienne.

Certains auteurs grecs mentionnent l’existence de Tingé dans la période archaïque: ce centre situé sur le Détroit est mentionné dans l’ouvrage d’Hécatée de Milet (6ème av. J.-C.) et est également inclus parmi les 300 colonies qui, selon Strabon (fin 1er siècle av. J.-C.) les Phéniciens fondèrent le long de la côte atlantique du Maroc, l’erreur de Strabon montre sa méconnaissance des peuples d’Hespérie (Maghreb).

Il n’y a pas des preuves archéologiques sur Tingé à l’âge phénicienne; les matériaux phéniciens ont été trouvés dans certaines nécropoles de son territoire et révèlent une influence externe dans certaines inhumations et trousseaux funéraires, cependant Tingé n’est pas une ville phénicienne, elle est bien une cité libyenne des populations autochtones.

 

L’artisanat artistique au cours des périodes phéniciennes et puniques :

 

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L’une des activités avec lesquelles les Phéniciens, avant, et les Carthaginois, après, ont eu la possibilité de montrer leur habileté avec l’artisanat. Des objets, en général précieux (bijoux, amulettes, œufs d’autruche décorés, figures en terre cuite) se sont diffusés à travers le commerce dans toute la Méditerranée.
Ces objets, faits avec une grande habileté en utilisant des matières premières récoltées dans les différents marchés, étaient utilisés dans la vie quotidienne, dans le monde religieux et funéraires.
En ce qui concerne la péninsule Tingitane, de nombreux témoignages proviennent de la nécropole, en particulier de la région de Tingé et de Raqqada à Lixus et attestent de la diffusion de la culture phénicienne et de celle promue par Carthage. Il faut préciser que pour certains objets, il n’est pas facile de spécifier une date précise car, les nécropoles et certains produits artisanaux, ont été utilisés pour une très longue période. Ces matériaux seront ensuite présentés ensemble.

Les bijoux

La bijouterie, avec des bijoux faits avec de différents matériaux (or, argent, bronze, pâte de verre, coquillages), est l’un des domaines de l’artisanat les plus importants et caractéristique phénicien et punique.
La métallurgie, bien développée dans le monde phénicien et puis dans celui punique, a été favorisée par le commerce de ces produits le long des routes de la Méditerranée.
Dans la péninsule Tingitane , les bijoux sont moins nombreux que ceux en argent, alors que ceux en bronzes sont également très connus. La présence de bijoux, en particulier en or ou argent, dans les tombes, est un indicateur important du rang social du défunt.
Les colliers avec médaillon central provenant de la nécropole de Raqqada (à Lixus) et sont très significatifs à cet égard : ils sont constitués non seulement de vagues en or, mais aussi en cornaline, pâte de verre turquoise et verre bleu (l’une), en turquoise et pâte de verre décoré avec des yeux (l’autre).
Parmi les boucles d’oreilles, le type d’origine phénicienne composé par une bague ouverte de forme oblongue avec un caractéristique pendent « panier », a été documenté, évidemment très populaire autour de la Méditerranée et connu pour être fabriqué en or (nécropole de Raqqada: 6ème – 5ème siècle av. J.-C) est argent (nécropole de la région de Tingé, Aïn Dalia, Kebira et Djebila: 6ème siècle av. J.-C.
Un autre type de boucles d’oreilles, moins répandue au Maroc, se compose par des boucles de type granules (avec une bague allongée avec quatre granules soudés sur la partie gonflée), en or ou en argent.
On a également constaté un pendentif en forme de fleur de lotus, appartenant probablement à une boucle d’oreille.
Toujours en argent, en plus de boucles d’oreilles, il y a quelques bagues, un bracelet (nécropole de Tingé, Aïn Dalia Kebira e Djebila: époque punique), tandis que des colliers lacet ont été réalisés en bronze ( époque punico-phénicienne), des bracelets, également à lacet (6ème siècle av. J.-C.), boucles d’oreilles «panier» (Aïn Dalhia Kebira 6ème siècle av. J.-C) et des épingles (Aïn Dalhia Kebira 6ème siècle av. J.-C.)
Enfin, il y a aussi quelques bracelets en fer.
Pour compléter le cadre des bijoux, il y a quelques parures de colliers faites avec des matériaux non métalliques: parmi ceux, on trouve des coquillages, qui avaient aussi une valeur magique, surtout les cypraeae (nécropole Djebila, Tingé: 5ème – 1er siècle av. J.-C.), utilisés comme les colliers et le Cardium comme pendentif de ainsi que des coquilles d’œufs d’autruche, dans certains cas associées à des éléments de pâte de verre (nécropole de Djebila: 6ème siècle av. J.-C.).

Les produits en bronze

La métallurgie du bronze est représentée par des produits de haute qualité. Parmi ceux, on trouve un exemple de Chypre (l’île où les Phéniciens fondèrent leur première colonie, Kition): c’est un objet sacré, une louche à eau avec le cou se terminant en tête de cygne, rares au Maroc et en Méditerranée, retrouvé à Lixus et remontant au dernier quart du 7ème siècle av. J.-C. (fin du 7ème – 6ème siècle av. J.-C.) ; dans ce même site des fragmentes de cratères ont été également trouvés.
Dans l’une des tombes de Marshan-Tingé, une statuette féminine (peut-être l’appui d’un brûle-parfum) en bronze de culture punique a été retrouvée: drapées, ses bras croisées sur la poitrine et sa tête penchée en avant, entourée par une chevelure abondante sur laquelle un béret est reconnaissable.

Les figures en terre cuite

Les figures en terre cuite punique sont très répandues dans toute la Méditerranée occidentale. Dans notre région, on trouve trois figures puniques en terre cuite de la nécropole punique de Marshan-Tingé, votives ou rituelles: deux femmes et un enfant.

Les œufs d’autruche

Les coquilles d’œufs d’autruche décorées sont un produit de l’artisanat artistique typique du monde punique, la plupart ont été trouvées principalement dans les contextes funéraires. Dans la religion phénicienne et punique les œuf symbolisaient le principe de vie et de renaissance, et donc une vie future après la mort, à cause de la forte puissance symbolique liée à la renaissance dont l’œuf était considéré porteur. Les coquilles d’œufs d’autruche entières, coupés à moitié ou à trois quarts ou dans des fragments de mur, pouvaient être décorés par gravure ou peinture.
L’approvisionnement en œufs d’autruche, destinées à un marché d’élite en tant que objets de valeur même chez les Libyens d’avant la période phénicienne, avait lieu en Afrique du Nord.
Dans la péninsule Tingitane , ces objets ont été trouvés dans des tombes dans la région de Tingé ; ils étaient utilisés comme partie du trousseau funéraire ou dans des fragments d’ornements personnels, tels que des colliers.
Certains œufs ne sont pas décorés et ont un trou qui servait à les vider, d’autres sont décorées avec des gravures (l’exemple de la tombe 5 de 5 Aïn Dalhia Kebira, Tingé: 6ème – 5ème siècle av. J.-C.) ou peints avec l’ocre rouge.

Les amulettes

Ces objets sont largement utilisés dans les tombes phéniciennes et puniques de la Méditerranée, avec une forte valence magique qui devait protéger, même après la mort, des mauvaises influences et de l’adversité. Les sujets figurés reproduisent le répertoire iconographique de imitation égyptienne qui inspirait la culture magico-religieuses phénicienne.
Dans les nécropoles de la péninsule Tingitane , les amulettes sont plutôt rares: parmi ceux d’époque puniques on trouve: un exemple en pâte de verre représentant une copie du dieu Bès de la nécropole de Marshan-Tingé ; une amulette en pâte de verre représentant la tête d’un faune, avec des hautes oreilles plates et pointues, les joues et les lèvres saillantes d’une tombe de Djebila (Tingé) et enfin, de la nécropole d’Aïn Dalhia (Tingé), un exemple de la tête d’un bélier en ivoire (punique).
Durant le traitement des matières premières tels que l’ivoire (prises par les dents d’un hippopotame) et la pâte de verre, les artistes phéniciens pouvait se vanter d’une grande habileté.

Les scarabées

L’une des quelques rares déclarations de ces objets provient de Lixus: produit avec la pate de silice avec des traces de vernis bleu-verte sur la surface, un cartouche elliptique délimitée par un sillon, avec un hiéroglyphe au centre constitué d’une flèche correspondant aux lettres «sn».

 

La période punique :

 

Tingé, la nécropole de Merchan.

Tingé, la nécropole de Merchan.

 

Avec l’affaiblissement de l’autonomie des villes phéniciennes sous la pression babylonienne et la prise de Tyr en 572 av. J.-C., Carthage a émergé comme la puissance dominante dans la Méditerranée occidentale. Au Maroc, depuis le 6ème ou 5ème siècle av. J.-C., la présence phénicienne est détrônée par celle phénicienne carthaginoise, qui restera jusqu’à l’époque des derniers rois Maures et donnera naissance à la nation amazigh dite (la Canaan d’Occident). Les écrivains antiques parlent à plusieurs reprises des activités, notamment celles commerciales, de Phéniciens et Puniques dans l’Extrême-Occident: Hérodote rapporte que les navires des commerçants carthaginois ont passé les Colonnes d’Hercule pour atteindre les côtes de Atlantiques et encore de l’établissement de contacts avec les habitants des premiers reliefs de l’arrière-pays; puis, Hannon, nous a laissé les témoignages du voyage qu’il a fait, peut-être, vers la fin du 5ème siècle av. J.-C., de Carthage au Golfe de Guinée, surpassant le détroit.
A partir de la fin du 6ème siècle av. J.-C. on assiste à la fondation, à côté des précédents sites phéniciens (Lixus, Mogador, Rhysaddir, etc.) de nouvelles colonies (telles que Emsa, Tamuda, Quitzán, Tingis, Kouass) sur la côte dans l’arrière-pays, auprès de fleuves navigables (Martil, Loukkos, Sebou) ; les communications entre ces centres étaient effectuées principalement par voie maritime et fluviale. Les activités économiques des nouveaux sites sont liées principalement à l’exploitation des ressources marines, l’agriculture et l’élevage étaient pratiqués par les habitants des colonies le long des vallées.
Sur la côte atlantique, notamment à Lixus, Kouass et dans la région de Tingé, où les céramiques importées de l’Attique arrivent, il y a encore des usines pour la fabrication de poterie et amphores, ces derniers destinées probablement à l’exportation de conserves de poisson.
La céramique et l’artisanat (notamment les bijoux) témoignent de la propagation de la culture punique, dont l’influence est évidente, même dans le domaine religieux, politique (au cours du 3ème siècle av. J.-C. dans la ville maurétanienne de Volubilis est gouvernée par les magistrats appelés suffètes comme ceux de Carthage) et dans la diffusion de la langue punique.
L’influence de la culture punique est également sensible dans les nécropoles (caractérisées par la pratique de l’inhumation) occupant un espace distinct, et parfois loin du village. Souvent, on connait la nécropole mais non le site relatif.
Il faut souligner que il n’est pas possible de définir le rôle de Carthage dans le développement du royaume Maure, mais entre les périodes tarde-punique mauritanien il est possible de reconnaître un lien établi par l’héritage culturel que la ville nord-africaine laisse à la péninsule Tingitane.

 

La période mauritanienne :

 

Lixus ville antique maure.

Lixus ville antique maure.

 

L’histoire du règne des Maures commence vers la fin du II siècle av.J.C. quand il prend contact avec Rome, même si les sources historiques antiques témoignent de son existence à partir du IV siècle av.J.C. Le Roi exerçait son pouvoir dans les territoires correspondants aujourd’hui au Maroc et à l’Algérie occidentale, mais aussi sur les communautés tribales de cette zone qui étaient donc liées à l’autorité souveraine par un rapport de soumission.

Pendant la guerre contre Carthage et après sa destruction (146 av.J.C.), Rome s’intéressa davantage aux territoires de l’Afrique du nord, intentionnée à limiter l’expansionnisme des rois numides, établissant des alliances avec les villes d’origine phénicien-punique (par exemple Cadix) ou favorisant la naissance de règnes subordonnés. L’intervention romaine plus directe dans les territoires mauritaniens eu lieu au cours des guerres civiles, vers la moitié du I siècle av.J.C., quand les souverains Bocchus II et Bogud, fils de Bocchus I, s’ allièrent l’un avec Octavien et l’autre avec Antoine. Après la victoire d’Octavien, le règne fut remis à Bocchus II qui le laissa en héritage aux Romains lors de sa mort en 33 av.J.C.. Ceux-ci, décidés à ne pas s’établir militairement dans la région ni à instituer une nouvelle province, fondaient trois colonies de vétérans (Iulia Valentia Banasa, Iulia Constantia Zilil e Babba Iulia Campestris) administrées par le gouverneur d’Hispania Baetica, la province ibérique méridionale, dont faisaient partie aussi les territoires au delà du détroit de Gibraltar. En 25 av.J.C. Rome rétablit le pouvoir royal du prince Juba II dans toute la Mauritanie, entre l’Océan et l’Algérie centrale. Fils du Roi de Numidie, battu par César, il avait été élevé à Rome, assimilant une forte identité romaine et la connaissance de la culture grecque; il épousa la princesse égyptienne Cléopâtre Séléne, fille de Marc Antoine et Cléopâtre.

Juba II eut une forte influence sur l’ensemble de la Mauritanie en favorisant la rencontre entre la culture hellénistico-romaine et les Libyens, Phéniciens et Puniques (Libyco-phéniciens).

Iol Caesarea (l’actuelle ville de Cherchell, en Algérie) qui porte le nom d’Auguste, fut sa capitale, construite selon l’architecture et les styles décoratifs romains et italiques. Pour orner les édifices de spectacle, qui reprenaient les modèles culturels italiens, Juba fit arriver de l’Italie et de la Grèce des chefs-d’œuvre et des ouvriers chargés de constituer la main d’œuvre locale.

Le portrait officiel le plus célèbre de Juba diffusé au moment de ses noces avec Cléopâtre Séléne, provenait de Volubilis ce qui pourrait laisser penser que cette ville a elle aussi été une des capitales du règne (regia Iubae) ou que le souverain avait des propriétés dans ses alentours.

À la mort de Juba en 23 ap.J.C., son fils Ptolémée lui succéda et il poursuivit la politique de son père à l’égard de Rome.

Pendant la période mauritanienne (fin du III s. av.J.C.- 42 ap.J.C.) la péninsule tingitane développe une civilisation urbaine qui culminera sous le règne de Juba II (25 av.J.C.-33 ap.J.C.).

Si le règne mauritanien fait son apparition vers le IV s. av.J.C. en même temps que la pénétration culturelle punique, il n’est pas aisé de faire la distinction entre la première période mauritanienne et celle punique, aussi bien par manque de connaissances que parce que souvent les passages d’une phase d’une culture à l’autre n’arrivent pas de façon catégorique mais selon des modalités de rencontre et de fusion.

En fait, les recherches archéologiques qui concernent les sites du Nord du Maroc révèlent la persistance d’ influences culturelles puniques pendant l’époque mauritanienne, qui se manifestent, par exemple, dans les croyances religieuses et dans les rituels funéraires.

 

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